William Mesguich, 12 visages de Chagrin pour soi

Le 1er février, William Mesguich sera à l’affiche de Chagrin pour soi, la pièce co-écrite par Sophie Forte et Virginie Lemoine. Il y interprète 12 personnages !

 

Dans la pièce Chagrin pour soi, vous interprétez 12 personnages. Comment passe-t-on ainsi d’un rôle à l’autre ?

 

Je joue le mari de Pauline, mais aussi ses filles, la peur, le quotidien, la meilleure copine, un restaurateur asiatique... Jouer 12 personnages était nouveau pour moi et vraiment intéressant car j'avais une palette de compositions à faire. Je devais transformer ma voix, me changer très rapidement en coulisses… Certes je n’ai jamais joué autant de personnages dans une même pièce mais quand on est comédien, on est rompu à ces changements.

 

N’est-ce pas un peu schizophrénique ?

 

J’ai l’habitude de jouer plusieurs spectacles en même temps. L’été dernier à Avignon, je jouais dans quatre pièces très différentes dans la même journée. J’ai l’habitude de passer d'un univers à un autre. J'aime me transformer, exprimer sur les planches les différentes facettes de moi-même qui, sur scène, sont décuplées, exacerbées. Et en sortant de scène, je reste moi !

 

La pièce Chagrin pour soi est largement inspirée de l’histoire personnelle de Sophie Forte qui a été quittée par son mari du jour au lendemain. Etait-ce facile de se détacher de cette histoire douloureuse, en particulier pour vous qui jouez le rôle du mari ?

 

Interpréter un personnage, même « le mauvais rôle » ne m'émeut pas vraiment d’ordinaire, mais c'était singulier dans ce cas car ce personnage a existé dans la vraie vie. Quand je répétais, je ne pouvais pas ne pas penser à la réalité, d’autant plus que Sophie souffrait. J'ai joué dans 70 spectacles dans ma carrière et j’ai souvent interprété des personnages puissants, violents, qui charrient l'imaginaire de chacun, mais quand on joue Racine ou Shakespeare, il n’y a pas la proximité qui existait quand je jouais Alexandre. C’est cette proximité avec le réel qui est difficile.

 

Vous n’êtes pas un habitué des comédies et Chagrin pour soi en est résolument une. C’était en quelque sorte une première pour vous.

 

C’est effectivement la première fois dans mon parcours théâtral que je m'aventurais dans les plis et replis d'une comédie. J'étais un peu circonspect au départ quand Sophie Forte et Virginie Lemoine m’ont proposé de jouer dans Chagrin pour soi. Je me demandais si j'allais être à la hauteur car cet univers m'était assez étranger, bien plus qu'aux autres comédiens. J'avais été nourri d’un théâtre si différent. Mais j’aime prendre des risques, explorer des terres inconnues. Finalement, cette expérience a été très forte. J’ai surtout eu la chance de travailler dans un climat rempli de gentillesse, de tendresse, de respect. J'ai travaillé, progressé, tenté… et le résultat n’est pas si mal il me semble !

 

Pas si mal est un euphémisme pour une pièce qui a été jouée plus de 300 fois.

 

La pièce a effectivement rencontré un vrai succès, mais ce n’est pas un hasard. C’est une comédie où l’on rit beaucoup, mais qui raconte des choses essentielles. On n’est pas dans la superficialité. L’écriture et le propos sont intelligents, sensibles, très drôles et chacun se reconnait. Le texte raconte comment se réparer, comment renouer avec la vie, comment faire fi de 15 ans de vie commune pour aller vers un ailleurs et retrouver goût à la vie.

 

Comment résumeriez-vous Chagrin pour soi en un mot ?

 

Savoureux !

 

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Sophie Forte présente Chacun pour soi