Historique le Raincy
  • Brève histoire du Raincy

 

Le nom du Raincy apparaît pour la première fois au XIIème siècle dans une charte des moines Bénédictins  de l’abbaye de Tiron  qui établirent le prieuré Saint Blaise sur nos terres. L’origine du nom du Raincy a de multiples interprétations : Rinsiacum  signifiant « branches entrelacées » ou Rain  signifiant «lisière»  ou encore reincendere  « brûler à nouveau». Quelle que soit l’étymologie retenue, le nom rappelle que le territoire faisait alors partie du domaine de la célèbre et mystérieuse Forêt de Bondy.

Au fief d’origine du XVème siècle, manoir et terre du premier seigneur du Raincy, Nicolas Julien, va succéder fin XVIIème siècle, un domaine princier d’un goût nouveau, écrin d’une vie aristocratique qui fit honneur à la France. Entre 1642 et 1655, sur la propriété, agrandie, d’un homme de finances, conseiller du roi et seigneur de Bondy, Jacques Bordier, un château et un parc furent aménagés par des maîtres d’œuvre  qui acquerront  une notoriété royale : Louis Le Vau pour l’architecture, Charles Le Brun pour la décoration intérieure et André Le Nôtre pour le jardin à la française. Avant Vaux le Vicomte et Versailles, fut édifié  le Château  du Raincy dont la plaque du 100 Avenue de la Résistance situe l’emplacement. Le domaine, très prisé pour son goût novateur, eut  ensuite plusieurs riches propriétaires éclairés : Anne de Gonzague de Clèves, Princesse palatine, et le Comte de Livry qui en firent un haut lieu de la culture classique puis de fêtes ; ainsi le 29 novembre 1664 Molière vint y présenter « son » Tartuffe pour la première fois.

En 1769, la maison d’Orléans acquiert la propriété. Le Duc d’Orléans, petit-fils du régent puis son fils (qui deviendra  Philippe Egalité) créent un célèbre parc à l’anglaise de renommée nationale. Un  paysagiste  amateur, Pottier, achemina l’eau qui manquait au domaine par aqueducs,  aménagea des chemins sinueux, des pièces d’eau (actuel étang du  Lycée), une rivière, des rochers, des grottes, des bosquets et des plantations.

De 1786 à 1793, l’embellissement du parc, un parc à « fabriques », toujours à la mode anglaise, se poursuit avec grandeur et minutie sur  plus de 200 hectares. L’architecte anglais Thomas Blaikie  édifia un « village anglais », une ferme avec sa grange (actuelle Eglise Saint Louis) et son colombier. Ailleurs étaient implantés une vacherie, une laiterie, une orangerie, des écuries, un chenil (actuellement les Tourelles), la maison du jardinier Spiring (la maison du régisseur), et des maisons de gardes (actuellement sur la commune des Pavillons sous Bois). On y créa des constructions pittoresques à la fois utiles et décoratives imitant des isbas d’où leur nom «  Maisons Russes » (première Mairie du Raincy). Les précieuses gouaches de Carmontelle, architecte-peintre apprécié du duc, représentent fidèlement les lieux.

 

Sous la Révolution, les insurgés dégradent le château pour récupérer des métaux destinés aux munitions. En 1793, le domaine  devient propriété nationale et établissement rural d’élevage. Mal géré, l’ensemble se détériore : le château se vide de son mobilier et de  ses objets, le parc de ses animaux familiers et du gibier. Le Directoire décide de vendre le domaine en faillite qui fut racheté par un des petits-fils du marquis Sanguin de Livry, ancien propriétaire.

 

En 1802, le munitionnaire Ouvrard, une des plus grosses fortunes de l’Empire, reconstruisit  une demeure de style gréco-romaine sur les plans de l’architecte à la mode Berthault à l’emplacement de l’ancien château en partie démoli. La propriété retrouva un moment son faste avec banquets et chasses pour des invitées connues telles Mesdames Récamier et Tallien.

En 1812, l’Empereur Napoléon rachète le château pour en faire un rendez-vous de chasse, mais l’absence de gestion et les guerres successives ruinent ce domaine,  qui sera occupé par les coalisés en 1814.

Entre 1815 et 1830, sous la Restauration, le fils de Philippe Egalité retrouve cette propriété familiale. Le château est si délabré qu’il doit être en partie détruit ; en 1819, seules subsistent les colonnes du grand pavillon de Berthault  et l’aile du château de Le Vau : Louis Philippe d’Orléans devra donc  séjourner dans les Maisons Russes.

En 1830, la Monarchie de Juillet fait de lui le dernier monarque « Roi des Français » : Louis Philippe règnera jusqu’en 1848, date à laquelle le parc est complètement saccagé et le château totalement démoli, victimes d’éléments extrémistes venus des environs.

La II ème République instaurée, le domaine est confisqué par l’Etat et devient propriété nationale.

 

Créée en 1855, la Compagnie foncière va gérer jusqu’en 1859 la division et la vente du territoire en 52 îlots et 1310 lots : ce sera la « Colonie du Raincy ». Cet immense lotissement de 700 copropriétaires est administré par un Syndicat qui va, intensivement et rapidement,  équiper en services publics, moyens de communication etc…« la Fondation » pour être enfin indépendante de Livry et devenir Commune du Raincy par le décret impérial du 20 mai 1869.

En 1870, dès sa naissance, notre commune doit faire face à la guerre : exode des Raincéens vers Paris, bombardements des canons français depuis les forts voisins et  dommages occasionnés par l’occupation  saxonne et prussienne.

 

Le 7 avril 1882, la ville du Raincy accède au rang de chef lieu d’un canton qui rassemble 11 communes. Le Raincy bénéficie de l’atout primordial  des transports : une gare (1856) ; deux lignes de chemin de fer, la ligne de Paris et celle dite de Gargan (1875) ; deux lignes de tramways reliant les  communes des banlieues entre elles et à la capitale.

 

En 1914, le Général Maunoury, commandant de la VIème armée, fit de l’Hôtel de Ville son quartier général où  fut donné l’ordre de rassemblement des véhicules qui stoppèrent l’ennemi sur  l’Ourcq, prélude à la bataille de la Marne.

 

La Grande Guerre est à l’origine de la construction de l’église Notre Dame de la Consolation, édifiée en souvenir des morts de « la Marne ». Le Chanoine Nègre, curé du Raincy fit appel aux frères Perret, architecte et entrepreneur,  pour réaliser cette œuvre  audacieuse et novatrice  en à peine treize mois (30 avril 1922-17 juin 1923). Cette église fut appelée par Le Corbusier « la Sainte Chapelle du béton armé » en raison de son architecture et de ses matériaux d’avant garde. Remarquable par ses dix  imposants vitraux aux harmonies de couleurs pastel ou chaudes (cartons Maurice Denis, réalisation Marguerite Huré), par  ses trente deux colonnes élancées et ses effets de voûtes, l’église est classée Monument Historique le 29 juin 1966, fait exceptionnel pour une église édifiée postérieurement à 1905.

C’est le 7 novembre 1962, que la Ville devient chef lieu d’arrondissement de 16 communes dans le cadre de l’ancien département de la Seine et Oise : elle sera sous-préfecture après la réorganisation de la Région Parisienne en 1964.

 

 

 

  • Où trouver les vestiges du passé ?

 

Et pour vous souvenir, une promenade où vous croiserez les vestiges du passé datant du château du Raincy du XVIIIème siècle et du parc à l’anglaise…Tous inscrits sur l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques depuis 1982. A savoir :

- La pièce d’eau artificielle  du lycée Albert Schweitzer et le parc forestier

- Les Tourelles : l’ancien chenil du château

- L’église Saint Louis : l’ancienne grange de la ferme

 -Les deux vases en marbre, vraisemblablement uniques reliques du parc à la française. (La place actuelle était un étang jusqu’en 1924.)

 -A l’entrée du Boulevard du Nord, les  bâtiments et dépendances du « village » des employés  du domaine. Les  façades et toitures du pavillon de l’Horloge surmonté d’un clocheton sont des  témoignages précieux de cet ancien hameau «  à l’anglaise. ». (Cette vaste propriété des Sœurs de Saint Vincent de Paul  depuis 1896 fut successivement un orphelinat, un Hôpital militaire, un  dispensaire avant de constituer  deux unités distinctes depuis 1938/1940 : le lycée professionnel privé Jeanne La Lorraine, au 3, jouxte l’Institut Médico Pédagogique Excelsior au 7.)

D’autre part, au 1 Boulevard du Nord, se trouvait le pavillon du portier de « la Porte de Paris », actuel emplacement de l’Ecole Arménienne Tebrotzassère.

 

Au 100 Avenue de la Résistance, une plaque fut  apposée sur le mur de la boulangerie en 1954 : cet emplacement était le cœur du Château du XVIIème siècle.

 

 

 

  • Les armoiries

 

La présence du passé se retrouve dans les armoiries de la ville adoptées en 1909. Le blason actuel, ci-dessous décrit, date de 1972. La couronne murale a remplacé, sur le papier, le soleil hissant et la date de 1948 d’origine, jugés trop révolutionnaires.

 

Sur le blason d’or, le chêne vert, arraché, évoque la forêt de Bondy et l’étymologie du nom de la ville: Rain (lisière) ; la fasce de vair, bande horizontale, est empruntée aux armes de la communauté des religieux Bénédictins de l’Abbaye de Tiron. Les onze clochettes bleues sont les onze communes de l’ancien canton du Raincy. Le croissant est un meuble figurant dans le blason de Jacques Bordier, le premier constructeur du château ; la fleur de lis  évoque le souvenir des Orléans, derniers possesseurs du Raincy (les couleurs azur et or ont été inversées pour les besoins de la composition et les normes héraldiques) ; la bordure rouge rappelle que le parc était enclos de murs. Les ornements extérieurs sont la couronne murale (symbole que portaient les déesses grecques tutélaires des cités) et les  deux cerfs  d’or symbolisent les chasses qui avaient lieu dans le parc (concrétisé par les chênes).

 

Sur un listel d’argent, la devise « HERI NEMUS URBS HODIE » signifie «  Hier forêt, aujourd’hui Ville », souvent transformée en « Forêt j’étais, Ville je suis ».

 

 

 

  • L’empreinte du passé

 

L’Histoire a déterminé le paysage urbain et social de la ville

De la résidence princière à la « colonie » de la compagnie foncière, jusqu’ aux constructions publiques et privées de la commune, le domaine  s’est préservé. Le territoire a su conserver ses caractéristiques : le contour du parc, la  surface quasi inchangée (224 hectares actuellement), et surtout l’aspect résidentiel.

Cette volonté de protection des municipalités successives, au travers des différents  Plans d’Occupation des Sols, 1978, 1991, 1999, est aussi l’héritage du passé. Le Cahier des Charges du 30 avril 1858 de la Compagnie Foncière impose des restrictions : caractère résidentiel, pas d’usines, des maisons de style dans certains quartiers, une propriété close, des murs bas surmontés de grilles.

La persistance se retrouve aussi dans la structure sociale: le prix élevé des lots lors du démantèlement a attiré une clientèle bourgeoise parisienne, en quête d’air pur et de saine verdure. C’est pourquoi, dans la banlieue nord-est, Le Raincy qui porte nettement la marque de ses origines, occupe une place à part.

Les décennies n’ont guère bouleversé le visage du Raincy. Le territoire est quasi totalement urbanisé. La ville est formée de 3000 parcelles environ ; plus de 80% de la surface est occupée par l’habitat et le reste par des équipements publics. 

Une diversité d’exemples architecturaux résume cent ans d’habitat harmonieux :

Quelques maisons datant des années 1860, 1870  gardent leurs caractéristiques: constructions plutôt sobres et symétriques, murs en pierre de taille ou en  crépi, persiennes en bois, toits à la Mansart en zinc et ardoise.

Plus nombreuses sont les remarquables constructions de la fin du XIXème siècle et du début du XXème siècle. Les architectes raincéens  Messieurs Renard, Dolley -père et fils- Guimonneau, Baranton, Barthélémy… ont été de grands  bâtisseurs de  notre commune et  des  alentours.

La mode architecturale de la Belle Epoque est celle des villas des stations balnéaires. L’architecture est complexe et originale comme la décoration. Des façades en décalé, des toitures à plusieurs pentes, des tourelles, des faîtages en poterie,  des fermes de charpente apparente, des fenêtres en avancée, des verrières, des marquises et rambardes  en fer forgé, des corniches soulignées, des linteaux ouvragés au dessus de toutes les ouvertures, de multiples motifs de céramique... L’association de matériaux variés  permet la fantaisie : meulière, béton, ou brique, brique qui devient élément  de décoration élaborée. Les demeures  se veulent  imposantes, fonctionnelles et esthétiques

Quelques immeubles  typiquement haussmanniens,  marquent  encore  entrées et carrefours de la ville : la façade en pierre de taille, la toiture mansardée  en zinc et en ardoise avec lucarnes, les toits d’angle en forme de dôme ou de cône tronqué,  les balcons en pierre ou en fer courant sur pratiquement toute la façade des deux  étages «  nobles », les corniches et frontons décorés, les hautes cheminées en brique rouge .

De style haussmannien également, à l’image des mairies parisiennes, l’Hôtel de Ville du Raincy, centenaire en 2011, est à la fois  un édifice institutionnel imposant, conforme à l’architecture officielle et solennelle de la III ème République et un bel exemple du   mouvement Art Nouveau,  puisque enrichi de réalisations d’artistes renommés.

  

 

Une autre singularité de notre cité : elle n’a pas de rues….

Une commune sans rues pour se rappeler son passé. On ne trouve que des Avenues, des Boulevards ou des Allées qui rappellent les caractéristiques du parc ou qui évoquent des grands hommes fondateurs de la cité. Quelques voies ont eu successivement deux appellations : la municipalité a changé leur dénomination pour rendre hommage à ceux qui ont fait l’histoire de la Nation ou du Raincy, selon une tendance patriotique entre 1870 et 1944.

 

Survivance du passé, la voirie actuelle s’inspire de l’histoire du domaine. Les deux avenues perpendiculaires et principales de  la Résistance et Thiers sont les deux axes principaux du château de Jacques Bordier du XVII ème siècle. Sur les vingt trois allées, quatorze reprennent le tracé des allées du parc à l’anglaise formant ainsi une unité originale.

Les quatre boulevards circulaires, tracés par le géomètre Frion  en 1858, portent l’appellation des quatre points cardinaux.

Au charme de ces 26 km de voies, dont beaucoup sont bordées d’arbres, s’ajoute  celui d’un relief vallonné, varié et équilibré sur une surface réduite : un tiers de plateau, un tiers de coteau, un tiers de plaine, l’altitude variant de 58 mètres à 112 mètres.

 

 

Une curiosité bien cachée 

La Dhuys, affluent d’un affluent de la Marne, se développe sur 131 kilomètres de l’Aisne au réservoir de Ménilmontant, traversant  quatre  départements. Son aménagement, en aqueduc, pour approvisionner Paris en eau potable, date du second empire. La rivière souterraine pénètre au Raincy en chemin vert mais  disparaît bientôt  sous l’asphalte. Elle descend le Boulevard du Midi  sur 330 m jusqu’au Rond Point du Général de Gaulle  puis se dirige vers Villemomble, Rosny, Bagnolet…

 

De nombreuses Associations en tous genres animent Le Raincy et les Raincéens, mais n’est- il pas  caractéristique que les deux plus anciennes soient celle d’Horticulture et celle, Historique  du Raincy, plus que centenaires ? Le texte  succinct ci-dessus devant beaucoup à cette dernière…