"Le Raincy, hier forêt, Ville aujourd'hui"

 

 

Cent cinquante ans bientôt que ce nom fut donné

A ce nouveau village qui venait d’être né.

L’espace était celui d’un très ancien château,

Désigné autrefois comme parmi les plus beaux.

L’état s’en est saisi à la révolution,

Mais incendie, pillages en eurent enfin raison.

Il en est cependant resté quelques gravures

Qui figurent dans un livre méritant la lecture.

Signé de Jean Astruc Société Historique,

Cet ouvrage édité en tout point magnifique.

Ce morceau de forêt avait été acquis

Par l’intendant du roi ainsi qu’il y est dit.

Le frère du souverain s’y installa aussi.

Celui qu’on appelait « Monsieur » comme décrit.

La famille d’Orléans en garda l’héritage

Jusqu’à ce qu’il ne soit plus donné en partage.

Son nom à l’origine fut Livry en Aulnoy,

Terrain d’une abbaye célèbre autrefois.

Des vestiges du domaine ne restent pas grand-chose

Jusqu’au jour où pourtant il fallut bien qu’on ose,

Faire d’un certain « commun » notre église Saint-Louis.

Car elle fut autrefois la grange, puis l’écurie.

Parmi d’autres sont ceux qui furent l’ancien chenil.

Les tourelles complétées d’un immeuble subtil

Deux autres pavillons méritent qu’on les regarde

A l’entrée d’autrefois était poste de garde

C’est eux qui ont donné « compagnons de fortune »

Leur nom à la voisine, c’est une autre commune

Les Pavillons-Sous-Bois évoquent leurs passés

Aujourd’hui, c’est dommage les bois l’ont délaissés

Autrefois intégrés en forêt de Bondy

Aujourd’hui, il n’en restent que ceux dits de Clichy.

Une allée de mille mètres allait jusqu’au château

Que l’on apercevait sur la droite presque en haut.

Mais lui c’est le Raincy, son nom est la lisière

L’orée de la forêt dit d’une autre manière.

Des douves protégeaient l’entrée de l’édifice

Où l’intendant Bordier s’y installa d’office.

De l’entrée majestueuse ne demeurent que deux urnes

Dormant sur une place et plutôt taciturnes.

Ont été restaurées et sur deux piédestaux

Figurent dans un jardin, l’un des municipaux.

Car encore en état, en marbre de Carare

Et montés sur leurs socles sur la Place de la Mare.

Ornant ainsi l’espace demeurant poétique

Où jadis s’abreuvaient animaux domestiques.

Elle fut un jour l’objet d’un incident tragique :

Des enfants qui jouaient sur la place publique,

En hiver, sur la glace, s’étaient aventurés ;

On s’aperçut trop tard qu’il s’y étaient noyés.

Le Raincy eut aussi d’autres drames historiques

Qui figurent également dans d’autres chroniques.

Sous Napoléon III les Prussiens arrivèrent

S’installant au Raincy la dernière barrière

Avant siège de Paris leur donnait la victoire

Déjà triste période qui en ternit la gloire.

En quatorze dix huit, première guerre mondiale,

La menace à nouveau visait la capitale.

On engageait alors la bataille de la Marne.

Parmi les généraux, Monoury qui l’incarne,

Installa son PC en mairie de la ville

Génial dans sa trouvaille, se révélant utile,

De réquisitionner des taxis de Paris,

Pour de nuit transporter les poilus, leurs fusils.

Cent ans après vécûmes cette rétrospective

Hélas, il n’était plus de témoin, âme qui vive.

Enfin, la deuxième guerre révéla le courage

De Charles Hildevert et d’un groupe de partage

Qui s’illustrèrent aussi mais dans la Résistance

Pour finir, fusillés par nazis en partance.

Deux survivants restaient quand me suis installé

Les Labouille, frère et sœur, en avaient réchappés.

Heureusement, l’histoire du Raincy authentique

N’est pas que de souffrance qui la rende tragique.

L’évocation prochaine est aussi culturelle

En évoquant Molière d’une œuvre les plus belles

La première de «Tartuffe » fut donnée au château

C’est là que fut posé le célèbre tréteau,

Le vingt neuf novembre mille six cent soixante quatre.

Il ne s’agissait pas de guerres et de combattre,

Mais trois cent cinquante ans après l’évènement,

D’en célébrer aussi victoire heureusement.

Retenez bien la date en novembre, le vingt neuf,

Molière est toujours jeune, son esprit est tout neuf.

Vous pourrez en jugez si l’idée vous séduit ;

Réservez votre place car l’espace est réduit.

On peut en dire autant de la ville et ses armes.

On cherche à y garder en dehors du vacarme,

Ceux qui font sa grandeur mais également son charme.

 

Philippe Muller                                                                      Le Raincy, le 11 novembre 2014